Epuration de catalogue chez Amazon…

Un article effrayant datant du mois d’avril que je reprends du blog La république des livres : Amazon supprimerait des listes des meilleures ventes des titres abordant l’homosexualité, ainsi que des ouvrages érotiques.

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« Là-bas, ils viennent tout simplement de décider de retirer des listes de meilleures ventes, et des recherches spécialisées, les livres signés par des écrivains gays ou lesbiennes, ou abordant la question homosexuelle, au même titre que des ouvrages érotiques ou pornographiques. Une vraie rafle emportant même L’Amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence sur son passage, ce que des cyberactivistes n’ont pas manqué de dénoncer ! Aussitôt, la Toile étatsunienne s’est mise en ébullition. Ca a cogné sec sur Amazon, ici et . Après avoir dans un premier temps justifié sa décision, la librairie en ligne a pris la mesure du tollé et rebroussé chemin en démentant en termes emberlificotés. Des erreurs techniques ! Puis sa direction a fini par présenter ses excuses. En quelques jours, une pétition de protestation avait déjà réuni plus de 10 000 signatures contre cette amazonnerie de mauvais goût. Entendons-nous bien : l’initiative de la librairie ne rend pas ces livres et ces auteurs inaccessibles à la vente en ligne ; mais en les retirant des listes de best-sellers et des outils de recherche, elle leur enlève leur visibilité et nuit à leur diffusion. Ce qui a fait dire à un observateur de la vie littéraire que désormais, par sa puissance sur ce marché, Amazon a droit de vie et de mort sur tel ou tel ouvrage.

Il est vrai que la liste des victimes est impressionnante : par mi les 57 310 livres concernés, des écrivains méconnus (du moins en France), des auteurs militants et des théoriciens des gender studies y côtoient James Baldwin, Annie Proulx, Sarah Waters, E.M. Forster (Maurice, magnifique !), Stephen Fry, Christopher Isherwood, Marion Zimmer Bradley, Edmund White, Quentin Crisp, Gore Vidal, Allan Hollinghurst, Jeanette Winterson, Patricia Highsmith, tous auteurs aux moeurs bien connus. Tiens, ils ont oublié Patricia Cornwell ! Elle devrait leur faire un procès pour réparer cet affront. Car il est des listes, dans les temps de proscription et de censure, où le déshonneur, c’est de ne pas en être. »